Dans Feed the Monster, le piano est appréhendé comme une entité vivante. L’interaction entre le piano actif et les cinq musiciens disposés dans l’espace estompe les démarcations entre réverbération acoustique et amplification. Les musiciens évoluant à distance du piano projettent leur son (capté par de discrètes cellules piézoélectriques et microphones HF miniatures) vers celui-ci, amplifiés via le dispositif actif que manipule le pianiste. Dans cette configuration, le piano, par ses dimensions et sa réverbération, constitue un instrument fondamental, générant des polarités sonores émergentes. Il se développe tel un organisme hybride, semblable à une créature sensible capable d’absorber et d’agglomérer les sons environnants, de les transformer et de les restituer sous une forme nouvelle et réinventée. Le phénomène de retour acoustique (larsen) est exploité, contrôlé, tantôt déployé dans sa dimension sauvage, tantôt intégré comme élément expressif.
Ensemble Fractales : Renata Kambarova (flutes), Dries Tack (clarinets), Gian Ponte (piano), Marion Borgel (violin), Merryl Havard (cello)