Né au sein du réseau Futurs Composés à l’occasion des Rencontres nationales professionnelles consacrées aux enjeux d’égalité, de lutte contre les VHSS et d’inclusivité dans le secteur culturel, le collectif réunit des acteurs des arts vivants s’identifiant en tout ou en partie au genre masculin. Il constitue un espace de réflexion, d’échange et de partage autour des pratiques professionnelles, des relations de travail et des enjeux liés aux rapports de pouvoir, aux violences sexistes et sexuelles et aux inégalités. Le collectif souhaite favoriser la mise en commun des expériences et des ressources, ainsi que la réflexion collective et l’évolution des pratiques. La charte qui suit en précise les valeurs, les objectifs, les principes de fonctionnement et le cadre relationnel partagé.
Charte du collectif masculin proféministe allié et solidaire
Ce collectif est né au sein du réseau Futurs Composés, lors des rencontres nationales professionnelles annuelles consacrées aux enjeux d’égalité, de lutte contre les VHSS et, plus largement, aux questions d’inclusivité dans le secteur culturel, initiées en 2021.
Note : le masculin est utilisé dans ce document, non comme forme générique, mais parce qu’il s’adresse à un collectif de personnes s’identifiant en tout ou en partie au genre masculin.
À l’image du collectif, libre, mouvant et en constante évolution, cette charte est ouverte et vivante. Elle se construit et se réécrit au fil de nos réflexions et de nos échanges. Chacun peut contribuer à la faire évoluer, et tous sont invités à la partager.
- Qui sommes-nous ?
Nous sommes un collectif inter-générationnel d’acteurs des arts vivants constitué de toute personne cis, trans ou non-binaire s’identifiant en tout ou en partie au genre masculin, peu importe son orientation sexuelle.
Face aux violences sexistes et sexuelles, aux rapports de domination, aux inégalités persistantes et à la progression des discours masculinistes, nous faisons le choix d’un engagement collectif, proféministe et solidaire.
Nous considérons que ces enjeux concernent l’ensemble des arts vivants et nécessitent un travail actif de remise en question, d’apprentissages, de transmissions et d’actions.
Nous sommes réunis par une volonté commune : faire évoluer nos pratiques et nos postures professionnelles, nos relations et nos conditions de travail, ainsi que les milieux dans lesquels nous évoluons.
Le collectif se veut un espace de réflexion, de soutien mutuel, d’expérimentation et d’organisation collective.
- Nos valeurs
Le collectif s’appuie sur les valeurs suivantes :
Équité : Prendre en compte les réalités et les rapports de pouvoir existants
Égalité : Souhaiter des relations professionnelles exemptes de discriminations, de violences et de dominations
Bienveillance : Respecter la dignité, les limites, les vécus et la parole de chacun
Confiance : Garantir un cadre permettant l’échange honnête, le droit à l’erreur et l’apprentissage collectif
Solidarité : Refuser l’isolement face aux violences et aux situations de domination
Partage : Favoriser l’entraide, la transmission et l’accompagnement mutuel
- Nos missions et objectifs
Le collectif souhaite notamment :
Améliorer les pratiques professionnelles
- Développer une réflexion critique sur les comportements, rapports de pouvoir et mécanisme de domination ;
- Redéfinir collectivement les comportements et cadres relationnels que nous souhaitons encourager ;
- Déconstruire les injonctions liées aux masculinités et les héritages sexistes intégrés dans nos pratiques.
Créer des espaces d’échange et de soutien
- Permettre le partage d’expériences et de ressources ;
- Éviter l’isolement face aux situations de domination ;
- Construire des espaces de discussion sécurisés et structurés.
Produire et transmettre des ressources
- Créer et mutualiser des fiches ressources ;
- Constituer des listes de lectures, références et outils ;
- Élaborer un lexique commun permettant de clarifier certains termes et de nommer les situations rencontrées.
Organiser des ateliers et temps de formation
Le collectif pourra proposer :
- Des ateliers de cas pratiques ;
- Des temps d’écoute ;
- Des ateliers de déconstruction des biais sexistes et masculinistes ;
- Des réflexions autour des comportements professionnels inappropriés à travers des rapports de séduction ou des mécanismes de pouvoir ;
- Des outils de langage et de réaction face à certaines situations ;
- Des formations ou interventions de professionnel·les et structures spécialisées.
Porter une parole publique
- Affirmer un positionnement proféministe ;
- Réfléchir collectivement à des alternatives aux discours masculinistes ;
- Construire des prises de parole, outils ou manifestes communs ;
- Contribuer à faire évoluer les postures professionnelles ;
- Être force de propositions sur les enjeux évoqués dans cette charte
- Nos principes de fonctionnement
Les membres du collectif s’engagent à adopter les postures suivantes :
Écoute : Accueillir les paroles des uns et des autres, les expériences sans minimiser ni porter de jugement, dans un espace de bienveillance et de respect
Humilité : Reconnaître ses biais, adopter une posture d’apprentissage permanente et éviter les attitudes défensives ou caricaturales.
Responsabilité individuelle : Interroger ses propres pratiques, comportements et positionnements professionnels.
Responsabilité collective : Agir face aux comportements oppressifs ou violents et contribuer activement à des relations professionnelles plus justes.
Fonctionnement horizontal : Refuser les logiques de domination interne et favoriser le partage des responsabilités, de la parole et des initiatives.
Un cadre relationnel partagé
Afin de garantir un espace de travail, d’échange et d’engagement collectif respectueux et sécurisant, les membres du collectif s’engagent à être attentifs à leurs comportements, à leurs paroles et aux rapports de pouvoir qui peuvent se jouer dans les relations.
Ne sont notamment pas compatibles avec les principes du collectif :
- les propos, attitudes ou comportements sexistes, misogynes, discriminatoires, racistes, homophobes, transphobes ou relevant de toute autre forme de domination ou de stigmatisation ;
- les propos ou comportements à caractère sexuel non sollicités ;
- les pressions, intimidations, menaces, humiliations, insultes, agressions verbales ou physiques, ou tout comportement visant à déstabiliser, isoler ou mettre en difficulté une personne ;
- les comportements intrusifs ou insistants ; l’utilisation d’une position, d’une responsabilité, d’une notoriété ou d’un rapport de pouvoir pour exercer une pression, imposer des idées ou une relation, ou obtenir un avantage ;
- les comportements, attitudes ou prises de parole contribuant à créer un climat de peur, d’insécurité, d’exclusion ou de malaise durable ;
- la banalisation, la minimisation ou la justification de comportements sexistes, discriminatoires ou violents, ou les réactions visant à discréditer une personne qui fait part d’un malaise ou d’une situation problématique.
Cette liste n’est pas exhaustive. Un comportement peut être problématique sans relever d’une infraction ou d’une qualification juridique. Le collectif privilégie une vigilance collective permettant de questionner les comportements, de poser des limites et, lorsque cela est nécessaire, de protéger les personnes concernées.
Chaque membre est encouragé à signaler une situation qui lui pose question, qu’il en soit directement concerné ou témoin, et à contribuer à ce que les situations problématiques ne soient ni banalisées ni laissées sans réponse.
Afin de préserver l’espace d’échange de toute dynamique concurrentielle, nous veillons à ce qu’une position d’allié ne puisse constituer une stratégie visant à maintenir une posture de contrôle et de domination.
Nous sommes ainsi conscients qu’une posture de sauveur s’inscrit dans une logique de prédation et d’oppression.
Une position d’allié ne nécessite pas d’être performée à travers un comportement ou une apparence physique uniformisés ou par l’emploi d’un code ou signe distinctif extérieur.
Afin de préserver une dynamique d’accompagnement et d’apprentissage mutuel, nous ne considérons pas de limite à la progression d’une dynamique de déconstruction des acquis patriarcaux. Nous réfutons ainsi l’attribution de tout type de statut s’y référant.
- Gouvernance et organisation
Le collectif fonctionne selon des principes de coopération, de partage et de coresponsabilité.
La gouvernance a vocation à rester souple, horizontale et évolutive afin de permettre l’implication du plus grand nombre.
Le collectif tendra notamment à s’appuyer sur :
- Des temps de réunion en plénière réguliers ;
- Des groupes de travail thématiques ;
- Une répartition collective des tâches et responsabilités ;
- Des rôles tournants de coordination, de facilitation ou de représentation ;
- Des personnes référentes ou ambassadrices chargées de transmettre les travaux du collectif dans différents réseaux et espaces professionnels.
Les décisions importantes ont vocation à être discutées collectivement dans une logique de recherche de consensus et de respect des différentes voix du collectif.
- Engagement des membres
Le collectif repose sur l’implication de ses membres.
Chaque personne rejoignant le collectif s’engage, dans la mesure de ses possibilités, à :
- Participer activement à la vie du collectif ;
- Contribuer à son développement et à sa continuité ;
- Prendre part aux échanges, réflexions, actions ou chantiers communs ;
- Apporter ses idées, compétences, expériences ou ressources ;
- Consacrer un minimum de temps et d’énergie à la dynamique collective ;
- Respecter les valeurs, principes et cadres définis par la présente charte ;
- Maintenir une posture d’écoute, d’apprentissage et de remise en question.
Le collectif reconnaît également les réalités et disponibilités différentes de chacun et veille à favoriser des modalités d’engagement accessibles et soutenables.
Contact :
Liste des signataires (par ordre alphabétique):
Lucas Astruc
David Christoffel
Julien Courquin
Alessandro De Cecco
Grégoire Lorieux
David Merlo
Stéphane Norbert
porte renaud
Michel Risse
David Sanson