Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le ministre de la Culture,
Mesdames les Députées, Messieurs les Députés,
Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,
Mesdames les Présidentes, Messieurs les Présidents d’associations d’élus,

On dit souvent que la France est une terre de festivals. Symboles de la réussite de la décentralisation culturelle, de la collaboration entre l’État et les collectivités territoriales qui fut fructueuse pendant des décennies, les festivals représentent aujourd’hui l’instrument de coopération et d’irrigation culturelles le plus adapté à la diversité des territoires, l’un de ceux qui a façonné le paysage culturel français tel que nous le connaissons.

La période que nous traversons met en lumière le rôle incontournable des festivals dans le développement territorial, mais aussi artistique et culturel de notre pays, et en même temps leur grande vulnérabilité. Ce double constat pousse ses acteurs à revendiquer une place à part entière dans les politiques publiques de la culture.

Premiers diffuseurs de culture en France, présents au plus près des populations, les festivals contribuent activement à l’objectif d’équité territoriale cher au ministère de la Culture.
Leviers puissants de développement territorial, économique et stratégique, ils participent surtout à la création, à la diffusion des œuvres auprès de nouveaux publics et à la vivacité des territoires toute l’année, à travers des projets d’éducation artistique et culturelle. Dans une approche complémentaire des salles de spectacle, ils jouent un rôle majeur dans la cohésion sociale et l’épanouissement d’une société démocratique ouverte à toutes et tous, raison d’être de notre République.
Cependant à l’heure où nous vous écrivons, les festivals ne sont toujours pas considérés et reconnus par l’État à la hauteur des enjeux qu’ils représentent dans le paysage culturel national, dans leurs missions de service public et d’intérêt général. Ils n’ont fait l’objet d’aucune politique spécifique d’accompagnement de la part du ministère de la Culture. Qui plus est, depuis 2003, ils sont même sortis de la DNO – directive nationale d’orientation – du ministère de la Culture et le nombre de festivals soutenus par celui-ci n’a ainsi cessé de diminuer.

Pourtant dès 2015, les conclusions du rapport de Pierre Cohen sur les festivals préconisaient la mise en place d’une politique de l’État articulée, dans chaque région, aux politiques des collectivités locales.

Ensuite, la « Mission festivals », mise en œuvre par Françoise Nyssen et confiée en février 2018 à Serge Kancel, a été subitement mise en sommeil sans aucune explication. Ce silence soudain fait pourtant suite à un dialogue fructueux entre nos organisations et les services de l’État qui a permis la rédaction d’une « Charte des festivals » dans la perspective d’une circulaire spécifique à destination des DRAC.

Malgré la mise en place d’une cellule d’accompagnement des festivals par la DGCA qui a œuvré au mieux dans la mesure de ses faibles moyens, la crise sanitaire a renforcé ce sentiment d’abandon de la part de l’État, au moment même où les élus des territoires concernés, concentraient leur attention sur la catastrophe d’une possible disparition de l’offre festivalière. Ce sentiment s’en trouve d’autant plus accentué que le Fonds festivals, annoncé par le Président de la République et par le ministre de la Culture le 6 mai, a tout simplement disparu de l’actuel plan de soutien à la culture du 3e Projet de Loi de Finances Rectificative présenté en Conseil des ministres ce 10 juin.

France Festivals et les cosignataires de cette lettre ouverte sont convaincus qu’à la veille des échéances électorales municipales, puis départementales et régionales, l’expression d’un engagement fort au sommet de l’État et des collectivités territoriales envers les festivals, à la croisée des enjeux nationaux et territoriaux, enrichira la politique culturelle de notre pays vers une meilleure prise en compte de la diversité des publics et des personnes sur l’ensemble du territoire.

Dans un contexte où les questions sociétales sont bousculées en profondeur, nous avons besoin de reconstruire ensemble une politique culturelle ambitieuse pour tout l’écosystème du spectacle vivant, qui reconnaît l’importance de nos festivals dans le maillage territorial national, aux côtés des autres acteurs.

Il est devenu primordial de lancer une large concertation au sujet de l’avenir des festivals. Ce dialogue constructif et nécessaire peut s’engager rapidement par la réactivation de la « Mission festivals » au sein du ministère de la Culture et par sa dotation des moyens nécessaires pour devenir un véritable outil de réflexion, de partage et concertation avec les collectivités territoriales et organisations professionnelles. À l’heure où se dessine un nouvel acte de la décentralisation et de la déconcentration, la mise en commun de nos expertises et la prise en compte de nos spécificités, qui dressent une carte unique de la diversité culturelle de notre pays, sont indispensables dans l’élaboration d’un plan culturel qui participera à la revitalisation de notre société et à son réenchantement.

Dans cette perspective, nous sollicitons un rendez-vous dans les meilleurs délais.

Dans cette attente, et restant à votre disposition, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le ministre de la Culture, Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs, Mesdames les Présidentes, Messieurs les Présidents d’associations d’élus, l’expression de nos salutations respectueuses.

Paris, 12 juin 2020

Les signataires :

AJC JAZZ – Association Jazzé Croisé

Contact : Antoine Bos – antoinebos@ajc-jazz.eu

FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles

Contact : Stéphanie Thomas – stephanie.thomas@fedelima.org

FFCF – Fédération des Festivals de Chanson Francophone

Contact : Laurence Despeyrières – laurence@chantappart.fr

FRANCE FESTIVALS – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant

Contact : Alexandra Bobes – a.bobes@francefestivals.com

FUTURS COMPOSÉS – Réseau national de la création musicale

Contact : Martine Duverger – martine.duverger@futurscomposes.com

REMA – Réseau Européen de Musique Ancienne

Contact : Helena de Winter – helena.dewinter@rema-eemn.net

SCC – Syndicat des Cirques et Compagnies de Création

Contact : Yannis Jean – delegue-general@syndicat-scc.org

SMA – Syndicat des Musiques Actuelles

Contact : Aurélie Hannedouche – dg@ sma-syndicat.org

THEMAA – Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts associés

Contact : Claire Duchez – claire@ themaa-marionnettes.com

UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles

Contact : Patricia Coler – ufisc.coordination@ gmail.com

USEP-SV – Union Syndicale des Entreprises du secteur Public du Spectacle Vivant

  • LES FORCES MUSICALES

Contact : Sébastien Justine – s.justine@lesforcesmusicales.org

  • PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique

Contact : Aurélie Foucher – aurelie.foucher@profedim.org

  • SNSP – Syndicat National des Scènes Publiques

Contact : Marianne Charpy – m.charpy@snsp.fr

  • SYNDEAC – Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles

Contact : Vincent Moisselin – v.moisselin@syndeac.org

ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde

Contact : Pierre-Henri Frapat – direction@ zonefranche.com

Est-ce trop demander que de la cohérence, Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre ?

Depuis les premières restrictions d’activité des salles de spectacle, le 9 mars, les annonces présidentielles et gouvernementales concernant les activités artistiques et culturelles s’enchaînent de manière erratique.

Comment peut-on affirmer le 16 avril que de « petits festivals » pourraient se tenir à partir du 11 mai, comme si ces milliers d’événements étaient en mesure de s’adapter d’un jour à l’autre à de nouvelles conditions d’accueil, alors qu’aujourd’hui la quasi-totalité des festivals d’été est annulée et que les festivals d’automne n’ont à ce jour aucune visibilité quant aux conditions de leur tenue ?

Comment peut-on annoncer le 15 mai que la Fête de la musique aura bien lieu, que les parcs à thèmes et les lieux de cultes rouvrent, alors que l’ensemble de nos établissements sont fermés au public, qu’aucun atelier de pratiques artistiques de proximité n’est autorisé, qu’aucune équipe artistique n’a pu réellement reprendre son activité, et que la plupart des salles de spectacle ou de concert n’envisagent aucune reprise possible de la diffusion avant janvier 2021 ?

Comment peut-on interdire les événements de plus de 5.000 personnes jusqu’au 1er septembre, les regroupements de plus de 10 personnes jusqu’au 2 juin, sans limitations intermédiaires à venir, et rouvrir le Puy du Fou ?

Comment peut-on faire de telles annonces alors qu’elles sont en totale contradiction avec les protocoles sanitaires promus par le ministère de la Culture pour l’ensemble des pratiques artistiques et culturelles, pour la tenue des festivals et la réouverture des lieux au public ?

Comment peut-on être autant déconnecté de nos réalités professionnelles, de nos calendriers, de nos outils de travail ?

Comment peut-on annoncer le 6 mai des mesures pour la culture (prolongation des droits pour les intermittents du spectacle, commandes publiques massives pour les créateurs, fonds festivals…) et n’en n’avoir, trois semaines après, aucune traduction concrète ?

Comment peut-on « refonder une ambition culturelle pour la France » en « libérant les énergies créatrices et en donnant aux artistes confiance et visibilité » sans qu’aucune mesure sérieuse de politique publique ne soit prise ?

Comment peut-on annoncer pour le secteur culturel 50 millions d’euros par-ci, 5 millions par-là, alors que le tourisme, fortement dépendant de nos activités, se voit proposer une enveloppe de 18 milliards ?

Comment peut-on si peu connaître les domaines de la culture qui sont faits de professionnels, organisés et structurés ? Comment peut-on nous traiter comme des amuseurs publics, des histrions égocentriques vivant par et pour leur passion, alors que nos activités ont un poids économique direct de 47,5 milliards d’euros, soit 2,2 % de l’économie française et concernent 2,4 % de sa population active ?

Comment peut-on tenir aussi peu compte des arts et de la culture, quand ils s’appuient sur les droits humains fondamentaux et revendiquent l’émancipation des personnes et le développement de leurs capacités ? Comment peut-on privilégier la rentabilité économique et les seules industries au détriment de la multiplicité des forces citoyennes au service de l’intérêt général ?

Vos annonces distillées au compte-goutte, contradictoires et incohérentes épuisent les acteurs, ajoutent de la confusion à la situation, de la désespérance à la fragilisation.

Souhaitez-vous vraiment que le monde des arts et de la culture sorte de cette crise ? Alors, faites-le avec nous, pas contre nous !

26 mai 2020

Les signataires :

  • ACTES IF – Réseau solidaire de lieux culturels franciliens
  • AJC – Association Jazzé Croisé
  • CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants
  • Collectif LAD, Liberté Action Danse
  • FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices de Musiques et Danses Traditionnelles
  • FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles
  • La Fédération de l’Art Urbain
  • Fédération De Concert!
  • FEMA – Fédération musiques actuelles Bourgogne-Franche-Comté
  • FERAROCK – Fédération des Radios Associatives Musiques actuelles
  • FNAR – Fédération nationale des arts de la rue
  • FNEIJMA – Fédération Nationale des Ecoles d’Influence Jazz et Musiques actuelles
  • France Festivals – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant
  • FRACA-MA – Pôle région Centre-Val de Loire musiques actuelles
  • Futurs Composés, réseau national de la création musicale
  • GRAND BUREAU – Réseau musiques actuelles Auvergne-Rhône-Alpes
  • GRANDS FORMATS – Fédération d’artistes pour la musique en Grands Format
  • HAUTE FIDÉLITÉ – Pôle régional des Musiques Actuelles Hauts-de-France
  • LAPAS, L’Association des Professionnels de l’Administration du Spectacle
  • MMFF – Music Managers Forum France
  • OPALE – Organisation pour Projets Alternatifs d’Entreprise
  • OCTOPUS – Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie
  • PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud
  • Le Pôle – Pôle de coopération des acteurs pour les musiques actuelles en Pays de la Loire
  • Pôle Nord, fédération régionale des arts de la rue et de l’espace public en Hauts-de-France
  • Réseau Buzz Booster – Concours et réseau national de Rap émergent
  • RIF – Réseau des Musiques Actuelles en Ile-de-France
  • RIM – Réseau des indépendants de la musique
  • RMAN – Réseau des musiques actuelles en Normandie
  • Le Réseau Musiques Actuelles Grand Est
  • SCC – Syndicat des Cirques et Compagnies de création
  • SMA – Syndicat des Musiques Actuelles
  • SYNAVI – Syndicat national des arts vivants
  • Syndicat Chorégraphes Associé.e.s
  • THEMAA – Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts associés
  • Think Prod, réseau de bureaux de production
  • UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelle
  • ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde

Cette liste sera mise à jour régulièrement

Pour un après solidaire

L’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles (UFISC) représente l’essentiel de la diversité des équipes artistiques et des lieux de proximité œuvrant dans un esprit d’utilité collective et citoyenne. Un grand nombre d’organisations et collectifs se sont joints à elle, au sein de la Mobilisation Coopération Arts et Culture contre le Covid-19, pour organiser une réponse collective des secteurs artistiques et culturels à cette pandémie.

Ces acteur.trice.s manifestent ainsi leur souhait d’une coopération trans-sectorielle ambitieuse en vue de proposer des solutions solidaires aux difficultés immédiates et de réfléchir à la situation présente, comme à la construction de la période qui s’ouvre.

Dans la pluralité des situations individuelles ou collectives, la grande majorité des équipes artistiques comme des structures qui leur sont reliées se reconnaissent dans les mêmes interrogations fondamentales : comment continuer d’exister ? Comment continuer de créer ? Comment continuer de partager ?

Ces interrogations ne sont pas propres au secteur des arts et de la culture. Une prise de recul est nécessaire, qui ne doit pas être synonyme d’une immobilisation – ni de nos corps, ni de notre pensée – mais bien le moment d’une réévaluation des objectifs que se fixe l’être humain. Nous devons, individuellement et collectivement, changer de cap, bifurquer sur les chemins de l’Histoire.

Une brèche s’est ouverte qui a démontré, de façon claire et non contestable, que les systèmes de pensée dominants à l’œuvre depuis des dizaines d’années dans notre pays et partout dans le monde sont dangereusement prédateurs, pour les communs, pour les personnes, et qu’ils ne génèrent qu’iniquité, concurrence, injustices, isolement et pauvreté.

Aussi, contournons cette énorme faille, aujourd’hui visible par toutes et tous, advenue à l’intérieur même de notre civilisation et de son système social et économique.

Les valeurs partagées au sein des organismes que nous représentons sont les fondations solides sur lesquelles nous pouvons construire une telle entreprise : égalité des chances, équité des moyens, émancipation et épanouissement de la personne, liberté de pensée, de circulation et d’expression, coopération, respect de la biodiversité et des équilibres naturels, puissance de l’entraide, prééminence de l’intérêt général sur les intérêts particuliers, nécessité de la co-construction face aux décisions autoritaristes ou aux oukazes, respect des initiatives citoyennes dans toute leur diversité, droit à l’expérimentation, à l’invention, à l’erreur, dans le plus grand respect des droits humains fondamentaux et des droits culturels en particulier.

De ce fait, nous, organisations réunies au sein de cette mobilisation collective, engageons-nous dans les mouvements de pensée, d’invention, de réflexion qui se mettent en place, des initiatives les plus locales aux mouvements les plus globaux. Soyons force de propositions, en travaillant avec ceux·celles qui pensent et agissent dans des domaines variés. Rejoignons également des mobilisations collectives, citoyennes pour partager avec elles une vision d’un monde solidaire et ouvert.

Les signataires

  • Actes if – Lieux artistiques et culturels indépendants en Île-de-France
  • CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants
  • FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices de Musiques et Danses Traditionnelles
  • FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles
  • FERAROCK – Fédération des Radios Associatives Musiques actuelles
  • FEVIS – Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés
  • FNAR – Fédération nationale des arts de la rue
  • FRACA-MA – Pôle Région Centre-Val de Loire Musiques Actuelles
  • FRAAP – Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens
  • FUTURS COMPOSES – Réseau national de la création musicale
  • GRAND BUREAU – Réseau musiques actuelles Auvergne-Rhône-Alpes
  • Grands Formats – Fédération nationale des grands ensembles et des collectifs d’artistes de jazz et musiques improvisées
  • OCTOPUS – Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie
  • PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud
  • POLCA – Pôle Musiques Actuelles de Champagne-Ardenne
  • RADIO CAMPUS FRANCE – Réseau national des radios étudiantes françaises
  • RMAN – Réseau des musiques actuelles en Normandie
  • RADIO CAMPUS FRANCE – Réseau national des radios étudiantes françaises
  • RIM – Réseau des indépendants de la musique
  • RIF – Réseau des musiques actuelles en Île-de-France
  • Réseau Musiques Actuelles Grand Est
  • SYNAVI – Syndicat national des arts vivants
  • THEMAA – Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts associés
  • UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles
  • ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde

Cette liste sera mise à jour régulièrement

Festivals : continuons à rêver !

Monsieur le ministre de la Culture,

En cette période de profonde incertitude liée à la crise sanitaire que traverse notre pays, le ministre de la Culture a annoncé lundi 6 avril la création d’une cellule d’accompagnement pour les festivals, initiative que les organisations signataires souhaitent saluer. Franck Riester pose le constat – qui est aussi le nôtre – de l’hétérogénéité des situations et se dit attentif aux problématiques de chacun.

Notre responsabilité première est de construire des imaginaires, de contribuer à la vitalité artistique et culturelle de nos territoires et de soutenir la création. C’est le sens de la mission d’intérêt général qui nous est confiée par nos partenaires, par les artistes que nous accueillons, par les citoyennes et citoyens que nous recevons. C’est pourquoi, tant qu’un cadre réglementaire ne vient pas contrarier cette mission essentielle, nous restons au travail et nous inventons nos éditions 2020 avec l’envie et l’optimisme de faire, tant que l’on peut et autant que l’on pourra.

Cette ambition est, bien entendu, à la hauteur de la responsabilité que nous avons de garantir la santé et la protection des personnes accueillies lors de nos manifestations.

Toutefois, de nombreuses interrogations restent sans réponses et perturbent le travail de nos équipes :

  • Quels sont les scénarii à l’étude pour la sortie de cette crise sanitaire (confinement, interdictions de rassemblement à diverses échelles, la réouverture des frontières et la restriction de libre-circulation sur le territoire) et quelles seront les conséquences prévisibles de ces différentes options sur la tenue de nos évènements ?
  • Comment faire face à la responsabilité du maintien ou de l’annulation d’un événement – en l’absence d’instruction gouvernementale – pour les élus, les financeurs, les porteurs de projet dans les semaines et les mois « d’après » ?
  • Qui, de nos partenaires publics et privés, sera à nos côtés pour faire face aux catastrophes économiques dont seront victimes nos structures lorsque nous faisons le choix – dans le respect du cadre réglementaire d’alors – de renouer avec le public dont il nous est difficile de prévoir les comportements ?

Depuis près de quatre semaines, nous tentons de concilier la lucidité qu’impose le contexte sans précédent que nous vivons et son lot de décisions difficiles, avec la nécessaire projection dans le cœur culturel battant que sont les festivals à venir. Pour autant, nous ne voulons pas nous surprendre à rêver un avenir dont le sort serait déjà scellé.

Nous accueillons la mise en place de la cellule d’accompagnement ministériel avec intérêt. Et nous souhaitons que son ambition soit encore plus soutenue : il nous apparaît désormais indispensable que, dès demain, porteurs de festivals, État, collectivités territoriales, organismes de gestion collective et partenaires privés se réunissent pour travailler à concilier leurs responsabilités partagées : celle de la protection sanitaire et celle de poursuivre la fabrication d’horizons symboliques.

Monsieur le ministre de la Culture, nos organisations sont prêtes à travailler à vos côtés pour contribuer à l’évolution de la cellule d’accompagnement ministérielle. Nous souhaitons qu’elle devienne un véritable outil partagé de dialogue, de conseil et de prospective pour le secteur des festivals.

Paris, 9 avril 2020.

Les signataires :

AJC JAZZ – Association Jazzé Croisé

Contact : Antoine Bos – antoinebos@ajc-jazz.eu

FRANCE FESTIVALS – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant

Contact : Alexandra Bobes – a.bobes@francefestivals.com

FUTURS COMPOSÉS – Réseau national de la création musicale

Contact : Martine Duverger – martine.duverger@futurscomposes.com

REMA – Réseau Européen de Musique Ancienne

Contact : Helena de Winter – helena.dewinter@rema-eemn.net

USEP-SV – Union Syndicale des Entreprises du secteur Public du Spectacle Vivant

  • LES FORCES MUSICALES

Contact : Sébastien Justine – s.justine@lesforcesmusicales.org

  • PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique

Contact : Aurélie Foucher – aurelie.foucher@profedim.org

  • SNSP – Syndicat National des Scènes Publiques

Contact : Marianne Charpy – m.charpy@snsp.fr

  • SYNDEAC – Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles

Contact : Vincent Moisselin – v.moisselin@syndeac.org

Par un communiqué en date du 20 mars, la SPEDIDAM informe les bénéficiaires des aides qu’elle attribue
au titre de l’Action culturelle d’une suspension de l’ensemble des commissions d’agrément et de toutes les
demandes actuelles momentanément. La SPEDIDAM justifie cette décision par la crise sanitaire et l’arrêt
brutal de l’activité artistique qui la prive d’une partie des ressources issues de la copie privée et des
irrépartissables juridiques pour une durée indéterminée.

Dans le même mouvement, le communiqué annonce une contribution de 500.000 € au fond d’urgence du
Centre National de la Musique, un montant identique aux contributions de l’ADAMI et de la SACEM.

Les mesures d’urgence, pour nécessaires qu’elles soient, ne peuvent pas se substituer aux aides
habituellement attribuées aux opérateurs. Cela n’est pas acceptable moralement ni économiquement : une
telle mesure va non seulement compromettre les conditions d’une relance du secteur dans son ensemble
et fragiliser substantiellement les activités prévues à moyen terme comme par exemple les festivals
d’été dont l’équilibre financier sera compromis et en incapacité de contribuer à la reprise de l’activité
culturelle tant espérée.

Nous demandons à la SPEDIDAM de clarifier sa décision et d’annoncer un nouveau calendrier des
commissions et des aides de l’action culturelle sous peine de contribuer à ce que les interprètes et les
équipes artistiques soient en première ligne des victimes collatérales de cette crise sanitaire et sociale.

Paris, 31 mars 2020.

Contacts presse :
ACNCM, Association des Centres Nationaux de Création Musicale : Christian Sébille, président :
christian.sebille(at)gmem.org
AJC, le réseau des diffuseurs de jazz : Antoine Bos, délégué général : antoinebos(at)ajc-jazz.eu
FEVIS, Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés : Louis Presset, délégué général /
louis.presset(at)fevis.com
Futurs Composés, le réseau national de la création musicale : Martine Duverger, déléguée générale /
martine.duverger(at)futurscomposes.com
France Festivals, fédération des festivals de musique et du spectacle vivant : Alexandra Bobes, directrice /
a.bobes(at)francefestivals.com
REMA, Réseau Européen de Musique Ancienne : Helena De Winter, déléguée générale /
helena.dewinter(at)rema-eemn.net
PROFEDIM, syndicat professionnel des producteurs, festivals, ensembles et diffuseurs indépendants de
musique : Aurélie Foucher, déléguée générale / aurelie.foucher(at)profedim.org

Inquiets.ètes, solidaires, attentifs.ves, engagé.e.s…

Nous sommes confiné.e.s dans nos appartements, nos maisons, avec une seule idée en tête : stopper la propagation du virus, sauver des vies.
Mais à mesure que le temps passe, notre inquiétude augmente à court, moyen et long terme.
Car dans l’instant nous ne pouvons exercer normalement nos métiers : annulations de concert, de festivals, cachets non versés, manque d’heures d’activité avec pour conséquence un risque fort planant sur les intermittent.e.s du spectacle, artistes et technicien.ne.s.
Certes, des mesures d’urgence – neutralisation des fins de droit du 15 mars à la fin du confinement, dispositifs d’accompagnement à l’étude, déblocage de plusieurs millions d’euros – ont été proposées par le gouvernement. Mais elles sont largement insuffisantes, car la mise à l’arrêt de l’économie, si elle paraît nécessaire, aura de lourdes conséquences financières et sociales.

Alors que l’on parle de tous côtés de report de créations, d’événements, de festivals, il apparaît déjà que la saison prochaine sera saturée, avec le risque réel de voir sombrer de nombreux projets en construction ou ayant souffert d’un manque de diffusion impactant l’ensemble des métiers du spectacle vivant : équipes administratives, de production, communication, relations publiques. La survie de l’écosystème est désormais en jeu. Le cœur de nos métiers – ses compositrices et compositeurs – va-t-il se réduire à peau de chagrin dans les prochains mois ? Quid des commandes, des écritures de plateau, des résidences, des actions pédagogiques ? Déjà, avant la crise sanitaire, les artistes-auteurs évoluaient dans une précarité et une remise en cause permanente de leur existence. Vont-ils.elles définitivement s’éteindre ?

Nos métiers ont toujours nécessité un soutien politique fort, la volonté de faire exister la création par devers la loi du marché. Tou.te.s, des structures labellisées, conventionnées, ponctuellement soutenues aux petites équipes et aux individuel.le.s, nous réinventons continuellement nos pratiques et adaptons nos rêves et notre créativité aux impératifs du monde économique. En ce sens, des plus grand.e.s aux plus petit.e.s, nous sommes les un.e.s et les autres des précaires. Qu’ont en commun un festival national et un.e soliste improvisateur.rice, un.e compositeur.rice et un.e directeur.rice de compagnie ? Ils.elles n’existent que si l’action artistique et culturelle est soutenue politiquement et financièrement par l’ensemble de la société.

Ces prochains mois seront cruciaux. Nous nous devons d’être solidaires avec les autres acteurs.rices, organisations professionnelles et syndicales, et revendiquer de concert la place essentielle de la culture dans notre société. Concernant notre secteur, il va s’agir de préciser la spécificité des nouvelles écritures du sonore, son terreau majoritairement creusé par des ensembles, compagnies, structures de production et diffusion souvent de très petites tailles, financièrement fragiles et donc particulièrement dépendantes de l’action publique. Il nous appartiendra dès lors de porter, des grands festivals aux artistes émergents, une vision exigeante et juste d’un service public de la culture.

Et, à long terme, d’organiser une réflexion sur un modèle de société plus résilient. Cette crise sanitaire n’est qu’une des premières manifestations d’ampleur d’un système libéral mondialisé à la dérive, où la problématique de la transition écologique croise l’impérieuse nécessité d’une mutation du monde marchand vers une société de collaboration. Aujourd’hui, le confinement nous isole et nous rassemble. Peut-être nous permettra-t-il demain de réaliser que la croissance, au sens purement économique et financier, joue contre l’humanité. Dont acte.

Raoul Lay, président de Futurs Composés et directeur de l’Ensemble Télémaque

Paris, le 25 mars 2020

Futurs Composés, représenté par Raoul Lay et Christian Sebille, a adressé une lettre à la DGCA, à la Ville de Nice, à la Région SUD/Provence Alpes Côte d’azur et au Conseil Départemental des Alpes Maritimes, afin d’exprimer son inquiétude à propos de la situation actuelle du CIRM – CNCM de Nice.

Madame la directrice de la DGCA,
Monsieur le Maire de Nice, Vice-président de la Région SUD/Provence Alpes Côte d’azur,
Monsieur le Président de la Région SUD/Provence Alpes Côte d’Azur,
Monsieur le Président du Conseil Départemental des Alpes Maritimes,

En tant que présidents,
De Futurs Composés, Réseau National de la Création Musicale,
Et de l’Association des Centres Nationaux de Création Musicale (Réseau des CNCM français) Raoul Lay et Christian Sebille, tenons à exprimer ici l’inquiétude du milieu professionnel à propos de la situation actuelle du CIRM – CNCM de Nice.

En effet, il apparaît qu’une situation conflictuelle s’est installée entre le conseil d’administration et le directeur de la structure, François Paris.

Aujourd’hui, à l’époque où la structuration d’un Centre National de la Musique pose de nombreuses questions aux équipes artistiques et dans un contexte politique qui montre plus que jamais la nécessité d’un soutien appuyé à la création et à l’action artistique, il est primordial de conserver les outils majeurs au service des musiques de création et à leur présence sur l’ensemble du territoire régional et local.

La région SUD/Provence Alpes Côte d’Azur a la chance de présenter en la matière un écosystème riche : deux centres nationaux de création musicales, des ensembles instrumentaux et vocaux, de nombreuses équipes artistiques, un nombre significatif d’acteurs et de lieux labellisés et de grands festivals à rayonnement national et international.

Cette richesse unique se doit d’être préservée et développée, en concertation avec les politiques publiques déployées en région. L’enjeu est important à l’heure où l’échange de la création avec le public est un socle crucial pour l’intérêt général et la citoyenneté.

C’est pourquoi, au nom de Futurs Composés et de l’ACNCM, nous vous demandons de trouver les meilleures solutions pour que le CIRM poursuive son activité, réponde aux missions qui lui incombe en tant que CNCM et développe ses actions dans la durée en partenariat avec les acteurs régionaux, nationaux et internationaux qui l’entourent.

Nous tenant à votre disposition pour toute rencontre et/ou complément d’information, je vous prie de bien vouloir agréer,

Madame la directrice de la DGCA,
Monsieur le Maire de Nice, Vice-président de la Région SUD/Provence Alpes Côte d’azur,
Monsieur le Président de la Région SUD/Provence Alpes Côte d’Azur,
Monsieur le Président du Conseil Départemental des Alpes Maritimes,

L’expression de nos plus sincères salutations.

Raoul LAY
Président de Futurs Composés

Christian SEBILLE
Président de l’ACNCM

Paris, le 9 mars 2020.

AJC, la FEVIS, France Festivals, Futurs Composés et Grands Formats demandent ensemble une représentation au Conseil professionnel du CNM

Nos fédérations et réseaux nationaux réunissent plus de 700 membres représentant à la fois une grande diversité d’acteur·rice·s et de métiers (artistes, ensembles et collectifs, festivals, lieux de création et de diffusion, producteur·rice·s, labels…) et un large champ musical couvrant les musiques de patrimoine et de création, le jazz, les musiques improvisées et les musiques actuelles.

Réunies autour de valeurs communes, nos cinq organisations ont développé une habitude de travail collectif et élaborent des réflexions en commun. Agissant en complémentarité des organisations syndicales, leurs expertises sont issues de la relation spécifique qu’elles nouent avec leurs membres et s’appuient sur une connaissance fine de leur écosystème.

Nous portons de nombreux objectifs communs à nos métiers et esthétiques : l’intérêt général, la défense et la promotion de la liberté de création, le souci de la transmission, le choix de la coopération, l’attention portée aux questions d’égalité, de diversité et de parité ainsi qu’aux problématiques territoriales.

Au service de ces valeurs, nous mettons en place de nombreuses actions qui s’articulent autour de thématiques partagées :

  • L’observation (études sectorielles, représentation femmes/hommes,  santé des musicien·ne·s, l’empreinte territoriale et sociale des festivals…)
  • La promotion de la circulation des artistes et des œuvres (New Deal, Bien Entendu !, Ffab Nomad, Rentrée Grands Formats…)
  • Le soutien à l’émergence et à l’insertion professionnelle (Jazz Migration, Les RDV de la création, compagnonnage, la Pépinière des festivals…)
  • Le développement des échanges internationaux (réseaux de grands ensembles européens, programmes d’échanges AJC, académies et projets avec Pearle* et EFA, Focus New Music)
  • La mise en place de débats, de conférences et de laboratoires d’idées (Rencontres AJC, New Deal, Accord Majeur, Rencontres France Festivals…)

Notre engagement au service de l’intérêt général et notre expertise collective nous ont conduits à nous impliquer activement dans la co-construction du CNM depuis 2011. Ayant ainsi travaillé avec les architectes de cette « maison commune », nous pensons aujourd’hui pouvoir lui apporter notre expertise, notre diversité et nos compétences et participer activement notamment à la définition de ses modes d’action et de ses dispositifs.

Alors que le Conseil d’administration du CNM a été intégralement pourvu, c’est le Conseil professionnel qui aura la charge de rassembler et ressembler à la diversité des acteur·rice·s qui composent le champ musical en France. Par ce communiqué, nous demandons une représentation de notre union en son sein. Comme cela est détaillé précédemment, nos réseaux sont pluriels ; ils réunissent aussi bien des artistes que des structures du spectacle vivant. Nous sommes donc légitimes à être présent·e·s aussi bien parmi les représentant·e·s d’organisations intervenant dans les domaines de l’écriture, la composition et l’interprétation que parmi les représentant·e·s d’organisations intervenant dans le domaine du spectacle vivant musical et de variétés.

Paris, le 10 février 2020.

Coordination Musique

Paul Fournier – président de France Festivals
Raoul Lay – président de Futurs Composés
Philippe Ochem – président d’AJC
Frédéric Pallem – président de Grands Formats
Jacques Toubon – président de la FEVIS

Contacts

AJC, le réseau des diffuseurs de jazz
Antoine Bos, délégué général /  antoinebos(at)ajc-jazz.eu

FEVIS, Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés
Louis Presset, délégué général / louis.presset(at)fevis.com

Futurs Composés, le réseau national de la création musicale
Martine Duverger, déléguée générale / martine.duverger(at)futurscomposes.com

France Festivals, fédération des festivals de musique et du spectacle vivant
Alexandra Bobes, directrice / a.bobes(at)francefestivals.com

Grands Formats, fédération d’artistes pour la musique en grande formation
Aude Chandoné, déléguée générale / aude(at)grandsformats.com

Nos organisations, réunies dans un espace de coopération informel basé sur des valeurs communes, des constats, des enjeux et des modes de fonctionnement partagés, souhaitent profiter du temps de rassemblement des BIS de Nantes pour annoncer qu’elles travaillent, ensemble, à l’organisation d’un colloque « Musiques et politique » qui aura lieu au Sénat le 29 mai 2020, de 14h00 à 18h00.

Nos projets s’ancrent dans les valeurs et principes que nous portons au travers de nos actions : liberté de création, diversité (culturelle, des personnes, des genres, des esthétiques, des modèles économiques…), droit des personnes, équité territoriale, primauté de l’art et de la culture.

L’objet de ce colloque est, d’une part, d’offrir un constat global qui est celui d’un temps politique agité, dans lequel nous voyons une remise en cause des politiques publiques telles que nous les entendons, c’est-à-dire orientées dans le sens de l’intérêt général et, d’autre part, d’émettre des propositions, ensemble, pour dépasser ce constat et construire des alternatives.

Nous observons un ministère de la Culture qui abandonne peu à peu ses politiques d’intérêt général au profit de logiques purement marchandes.

Nous observons un glissement vers une financiarisation accrue de la musique, que nous revendiquons avant tout comme Art.

Nous observons un démantèlement systémique du ministère de la Culture, relatif notamment aux orientations voulues par les lois de modernisation de l’action publique (réforme action publique 2022) et par le projet de loi Déconcentration, Décentralisation, Différenciation. Ce démantèlement menace la création et l’équité territoriale et risque d’enclaver les territoires – et donc les acteurs et les personnes – les plus démunis.

Nous observons des politiques de l’emploi qui balaient les emplois aidés d’un revers de la main, sans se soucier des conséquences désastreuses que cela occasionne dans les associations, dans les entreprises indépendantes, et qui par ailleurs remettent régulièrement en question le précieux régime de l’intermittence.

Nous observons, dans le spectacle vivant et particulièrement dans la musique, des logiques de concentration dangereuses.

Au-delà de ces observations, le temps de l’action est venu.

Nous nous mobilisons, ensemble, pour penser une autre politique pour la musique et plus largement la culture. Nous souhaitons inscrire les politiques culturelles dans des logiques de coopération, de co-construction des politiques publiques, de solidarité, de développement soutenable, dans le respect de l’humain et de la nature…

NOUS VOUS DONNONS RENDEZ-VOUS LE 29 MAI 2020 AU SÉNAT POUR EN DÉBATTRE ENSEMBLE : ÉLUS, ARTISTES, REPRÉSENTANTS DU MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES, SOCIÉTÉS CIVILES, JOURNALISTES, SYNDICATS, PORTEURS DE PROJETS DE TOUTES TAILLES ET DE TOUS TERRITOIRES…

Paris, le 14 janvier 2020.

LES SIGNATAIRES :

AJC – Collectif des diffuseurs jazz et musiques improvisées
ALLUMÉS DU JAZZ – Fédération de labels indépendants jazz et musiques improvisées
COLLECTIF CULTURE BAR-BARS – Fédération nationale des cafés culture
FAMDT – Fédération des acteurs et actrices des musiques et danses traditionnelles
FEDELIMA – Fédération des projets et lieux de musiques actuelles
FERAROCK – Fédération des radios associatives musiques actuelles
FEVIS – Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés
FNEIJMA – Ecoles d’influence jazz et musiques actuelles
FRACAMA – Fédération régionale des acteurs musiques actuelles Centre-Val de Loire
FRANCE FESTIVALS – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant
FUTURS COMPOSES – Réseau national de la création musicale
GRANDS FORMATS – Fédération nationale des grands ensembles et des collectifs d’artistes de jazz et musiques improvisées
OCTOPUS – Fédération des acteurs musiques actuelles Occitanie
POLCA – Pôle musiques actuelles de Champagne-Ardenne
Radio Campus France – IASTAR – Réseau national des radios jeunes d’initiatives étudiantes en France
RIF – Réseau des musiques actuelles en Île-de-France
RIM – Réseau des indépendants de la musique
UFISC – Union fédérale d’intervention des structures culturelles
ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde

TRIBUNE

Le ministère fête cette année ses 60 ans et semble s’éloigner à grand pas de ses valeurs fondatrices : en 1966 André Malraux dénonçait « jamais le monde n’a connu des usines de rêves comme les nôtres, jamais le monde n’a connu une pareille puissance d’imaginaire, jamais le monde n’a vu ce déluge d’imbécillité…» (référence sur le site du ministère de la culture). Aujourd’hui, avec les orientations actuelles du CNM, le ministère abandonne tout ce qui fonde sa légitimité et sa grandeur.

La « maison commune » qui initia le CNM cache de moins en moins bien un CNV renforcé, aux pratiques opaques très éloignées du service public et de toute idée de bien commun.
L’étude récente de BCG, commandée par la DGMIC, fait apparaître qu’une entreprise américaine comme « Live nation » reçoit 4 millions d’euros du CNV alors qu’un amendement passé en catimini fin octobre à l’assemblée nationale interdit au futur CNM de modifier jusqu’en 2022 l’affectation du produit de la taxe de l’actuelle CNV. Si l’éthique ne suffisait pas à s’inquiéter de ces manœuvres, la rationalité d’une politique économique voudrait à minima que l’on respecte la loi.

La loi de 2016 relative à la liberté de la création, stipule clairement que toutes les politiques publiques ont obligation de soutenir « en particulier la création d’œuvres d’expression originale française et la programmation d’œuvres d’auteurs vivants, et encourager l’émergence, le développement et le renouvellement des talents et de leurs modes d’expression ». Le CNM que l’on tente de nous imposer aujourd’hui ne s’inscrit en aucun cas dans l’esprit de la loi et tente de reproduire, voire d’augmenter, les dysfonctionnements actuels du CNV.

La disgrâce de Madame Ruggeri, la mise à l’écart de la DGCA et les tentatives d’amendements discrets à l’assemblée nationale sont autant de signaux alarmants qui nous poussent à réclamer avec force que le ministère respecte la loi qui oblige ses engagements : majorité de l’Etat, présence plus importante des artistes et respect de la diversité esthétique dans la composition du conseil d’administration du futur CNM. Retrait de l’amendement du 28 octobre 2019 qui a été proposé sans aucune concertation avec l’ensemble du champ musical. Concertations réelles sur le droit de tirage et les commissions d’intervention.

Nous appelons tous les musiciens qui souhaitent défendre la diversité et la liberté d’expression musicale à se mobiliser pour la défense des valeurs fondatrices de nos politiques publiques…

Paris, 29 novembre 2019.

Futurs Composés

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La nomination annoncée de Jean-Philippe Thiellay, devant celle pressentie et attendue par la profession de Catherine Ruggeri, à la tête du Centre National de la Musique soulève une nouvelle fois la question de la parité à la tête des grands établissements culturels.

Depuis mars dernier, Catherine Ruggeri a mené avec impartialité et détermination les travaux de préfiguration du Centre National de la Musique (CNM) que les ministres successifs de la Culture avaient appelé de leurs voeux. Dans un souci constant de dialogue et de co-construction, elle a écouté les inquiétudes des professionnels, les questionnements que soulevaient l’ouverture de ce nouvel établissement public et a oeuvré à une clarification du projet de CNM.
Ses compétences et son professionnalisme ne peuvent être mis en cause.

Nous nous alarmons donc du signal envoyé par l’annonce programmée de la nomination de Jean-Philippe Thiellay à la Présidence de l’établissement. Sans mettre en doute la légitimité du professionnel, il nous apparaît que cette nomination va à contre-courant des ambitions affichées en matière d’égalité femme-homme alors même qu’une femme oeuvrait déjà depuis six mois à ce qui s’apparentait, non plus à une mission de préfiguration, mais a un véritable lancement opérationnel du CNM.

Ainsi, en France, en 2019, pas une femme n’est à la tête d’un établissement musical de premier plan. Les dernières nominations (telles l’Opéra National de Paris, Opéra de Lyon, CNSMD de Lyon…) n’ont donné lieu qu’à des recrutements masculins, aucune femme n’étant même présente dans les shortlists. L’arrivée annoncée d’Émilie Delorme à la tête du CNSMD de Paris n’est que l’exception qui confirme la règle, une règle qui semble écarter les femmes des postes de direction des établissements les plus politiques, les plus exposés et les mieux dotés.

Nous affirmons ici que la parité ne pourra être atteinte sans une politique volontariste !

A quoi servent les déclarations de bonnes intentions et la nomination d’une Haute fonctionnaire à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations auprès du secrétariat général du ministère de la Culture si les actes mêmes du Ministère de la Culture vont à l’encontre de ces principes ?

Comment justifier cette nomination dans une configuration où une femme était légitimement pressentie ? A quoi sert la feuille de route sur l’égalité 2018-2022 si les actes ne suivent pas ? Les organisations signataires s’étonnent d’une telle situation et s’indignent d’une décision aussi injustifiée. Le secteur musical accuse un retard dramatique sur les questions de parité. Cela n’est plus acceptable.

Paris, le 28 novembre 2019.

LES SIGNATAIRES : AJC, FEVIS, FUTURS COMPOSÉS, GRANDS FORMATS, PROFEDIM

À l’attention de Monsieur Franck Riester, Ministre de la Culture et Mme Catherine Ruggeri, Présidente du comité opérationnel de création du Centre National de la Musique

Copie à : Romain Laleix, Vice-Président du comité opérationnel, Sylviane Tarsot-Gillery, Directrice de la Direction Générale de la Création Artistique, Alain Loiseau, Délégué musique et Dominique Müller, Adjoint au Délégué musique

Monsieur le Ministre, Madame Ruggeri,

Le Centre National de la Musique est notre future maison commune. Par cette déclaration, vous avez fait nôtre ce projet en décidant de créer un outil destiné à la mise en oeuvre d’une politique publique en faveur de la musique, en complément de la politique menée par le ministère et par les services déconcentrés de l’État, et aux côtés des politiques culturelles territoriales.

Si cet outil est réellement notre maison commune, alors il se doit d’être en capacité de comprendre, d’observer et de représenter l’ensemble des forces en présence dans l’écosystème musical français.

Le projet de décret que vous devez nous soumettre dans sa version quasi-définitive le 25 octobre prochain est à cet égard au centre de nos préoccupations. N’ayant pu le lire dans sa version modifiée après le comité plénier de juillet, nous ne pouvons réagir autrement qu’en exprimant une demande qui nous semble essentielle pour que la garantie de la représentation de la diversité des acteurs du monde de la musique soit effective dans notre future maison commune.

Nous, fédérations du monde de la musique et réseaux territoriaux, forts de la légitimité de nos milliers d’adhérents, nous travaillons la question des politiques publiques, dans de multiples instances et par de multiples biais, en partenariat avec le ministère de la Culture et avec les collectivités, au plus près des territoires, en complément du travail mené par les syndicats professionnels représentatifs et dans le respect des droits culturels qui président aussi à la création du CNM.
Nos analyses, étayées par une expertise indiscutable en matière d’observation, de recherches-actions, de projets coopératifs sur des questions aussi variées que la diffusion, la création, l’international, les pratiques musicales, la question des territoires, la musique enregistrée (…) nous rendent indispensables à la structuration du monde des musiques, et doivent pouvoir être représentées dans les futurs organes de gouvernance du Centre National de la Musique.

Parce que nous portons une vision complémentaire de celle des organismes qui siègeront au sein du comité des professionnels du futur Centre National de la Musique, nous y revendiquons notre présence ; une présence utile pour la mission du Centre National de la Musique et donc une présence au sein d’un comité professionnel au rôle renforcé, décisionnaire sur certains aspects de ses missions – précisément sur le nombre, les compétences, les modalités de fonctionnement et la composition des commissions que le comité des professionnels peut créer pour l’exercice des missions de l’établissement, et
notamment des commissions spécialisées chargées de donner un avis sur l’attribution des aides financières, ainsi que sur les conditions générales d’attribution des subventions, prêts et avances ainsi que les conditions de leur remboursement.

Si nos fédérations et réseaux étaient absents dans ce comité professionnel, ou même s’ils ne pouvaient y obtenir une représentation proportionnelle à leur importance numéraire, cela constituerait un manquement grave à la représentation de la diversité des esthétiques, des modèles économiques et des acteurs du secteur musical. Nous demandons pour ce faire 6 postes à minima dans cet organe, proposés comme suit : 1 poste médias, 1 poste réseaux
territoriaux, 3 postes spectacle vivant et 1 poste musique enregistrée. C’est ce qu’il nous semble juste pour établir, au sein de cet outil de politiques publiques, un équilibre respectueux de la diversité des acteurs de l’ensemble du monde de la musique.

Les positions que nous avons précédemment formulées ont manifestement été peu entendues par la mission Centre National de la Musique. Considérant qu’il en va de notre avenir commun, nous espérons que la présente demande, aussi claire et ferme qu’elle reste modeste, sera cette fois prise en compte.

Paris, le 21 octobre 2019.

LES SIGNATAIRES :
AJC, le réseau des diffuseurs de jazz
GRANDS FORMATS, fédération d’artistes pour la musique en grande formation
FUTURS COMPOSÉS, le réseau national de la création musicale
HAUTE FIDÉLITÉ, Pôle Régional des Musiques Actuelles Hauts de France
La FEVIS, Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés
La FÉDÉLIMA, Fédération de lieux et projets de musiques actuelles
La FÉLIN, Fédération nationale des Labels Indépendants
La FAMDT, Fédération des Acteurs et Actrices des Musiques et Danses Traditionnelles
La FNEIJMA, Fédération Nationale des Écoles d’Influence Jazz et Musiques Actuelles
L’UFISC, Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles
La FERAROCK, Fédération des Radios Associatives Musiques Actuelles
RADIO CAMPUS FRANCE, le réseau national des radios étudiantes
Le PAM, Pôle de Coopération des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud et Corse
LE PÔLE, Pôle de Coopération pour les musiques actuelles en Pays de la Loire
Le RIF, Réseau des musiques actuelles en Ile-de-France
Le RIM, Réseau des Indépendants de la Musique
Le RMAN, Réseau des Musiques Actuelles en Normandie
OCTOPUS, Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie
ZONE FRANCHE, le Réseau des musiques du monde

CRÉATION MUSICALE : UNE OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE ?

Le milieu musical s’alarme des attaques que subit aujourd’hui en France le secteur des musiques de création. Comme le symbolise la raréfaction de la création musicale sur les ondes de Radio France, nous vivons une situation conjoncturelle inédite portant gravement atteinte sur de multiples niveaux à l’ensemble des acteur.trice.s représenté.e.s par les réseaux et les syndicats.

CENTRE NATIONAL DE LA MUSIQUE
• Aujourd’hui, le Centre National de la Musique souhaité par l’État se met en marche avec un périmètre et une gouvernance qui restent très imprécis : comment seront représenté.e.s les acteur.trice.s de la création musicale, ainsi que leurs réseaux ?
• Que recouvrera désormais le terme de « création », utilisé sans aucune indication contextuelle et dont la réalité risque d’être bien éloignée des modalités que nous lui connaissons ?
• Création et transmission sont aujourd’hui les deux faces d’une même pièce. Sur quel(s) projet(s), quelle vision et quelle expertise reposent les ambitions du CNM en matière d’Éducation artistique et culturelle ? Le sujet représente-t-il davantage qu’une manne opportune liée à l’accroissement du programme 224 dans le Projet de Loi de Finances 2019 ?

DÉSENGAGEMENT DE RADIO FRANCE
À la lumière des informations dont nous disposons aujourd’hui, quatre émissions spécifiquement consacrées aux musiques et aux créateurs d’aujourd’hui disparaîtraient de la grille de France Musique à la rentrée prochaine, à savoir :
• Le Cri du patchwork (mardi, 23h00-0h00),
• Le Portrait contemporain (mercredi, 23h00-0h00),
• À l’improviste (jeudi, 23h00-0h00),
• Tapage nocturne (vendredi, 23h00-0h00),
Quatre émissions qui seraient remplacées par une seule émission le dimanche.
Cette raréfaction avec moins de captations, moins de présence à l’antenne, et qui plus est dans l’un des créneaux d’audience les plus pauvres, le dimanche soir ressemble à une stratégie consciente d’invisibilisation et de dévalorisation de la création.

FRAGILISATION DE LA CRÉATION AU MINISTÈRE DE LA CULTURE
Tous les indicateurs actuels tendent vers une diminution de la commande publique en direction des musiques de création.
• La commission « aide à l’écriture d’œuvres originales » (ex-commandes d’Etat) ne dispose plus actuellement d’aucun cadre juridique et le personnel consacré à cette procédure n’est pas maintenu. L’une des options envisagées serait de confier cette dotation à un organisme extérieur. Nous nous alarmons d’un tel projet dont la finalité indiquerait un mouvement d’« agenciarisation » de l’action de l’Etat.
• Nous nous inquiétons également sur les modalités de mise en place d’un nouveau centre de ressource issu de la fusion CDMC/MFA/MNL. Ce projet a donné lieu à une longue consultation des acteurs en 2018, à laquelle nous avons contribué. À ce jour, nos propositions n’ont fait l’objet d’aucune réponse. De plus, l’avis de recrutement d’un.e directeur.trice de 28.06.19 cette structure mentionne une mission concernant uniquement la musique contemporaine, alors que désormais tous les acteurs défendent la notion de création musicale « élargie ». Enfin, dans ce même avis, la description de la structure dénote une absence totale de contenus et d’objectifs du nouveau projet.

DÉGEL DE LA RÉSERVE DE PRÉCAUTION BUDGÉTAIRE
Dans un contexte budgétaire difficile, la totale levée du gel de précaution budgétaire 2019 constitue la condition sine qua non de nombreux acteur.trice.s de la création musicale pour mener à bien leurs projets.

Devant un tel empilement de sujets sensibles, nous dénonçons une situation extrêmement grave et redoutons un désastre annoncé pour la création musicale.

Paris le 28 juin 2019.

LES SIGNATAIRES : AJC, FEVIS, FUTURS COMPOSÉS, GRANDS FORMATS, PROFEDIM.

LEVEÉE DE LA RÉSERVE DE PRÉCAUTION SUR LES CRÉDITS DU MINISTÈRE DE LA CULTURE 

L’USEP-SV, Union syndicale des employeurs publics du spectacle vivant et les réseaux nationaux du spectacle vivant en appellent au ministre de la Culture pour obtenir la levée de la réserve de précaution sur les crédits du ministère de la Culture.

Les organisations professionnelles de la culture et les réseaux nationaux du spectacle vivant attirent l’attention du ministre de la Culture sur la nécessité d’obtenir le dégel de ses crédits en 2019, et cela dans les meilleurs délais.

Les acteurs de la culture que nous représentons sont, comme chaque année à la même période, dans une inquiétude extrême. La réserve de précaution de 3 % appliquée à notre secteur (opérateurs et réseaux) constitue un élément de grande incertitude et de fragilisation des projets.

Sans prétendre échapper aux réalités nationales, notre revendication d’un dégel des crédits du ministère de la Culture est l’expression de la fragilité de notre secteur compte tenu du faible budget qui lui est consacré dans les dépenses de l’État. Cette année, cette menace pèse plus lourd que d’ordinaire, en raison de l’arrêt du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) qui est très loin d’être compensé à l’euro près !

Nous espérons que d’ici le Conseil national des professions du spectacle (CNPS) plénier du 20 juin prochain vous serez en mesure de donner une réponse positive à notre demande et qu’elle s’appliquera de manière cohérente et globale sur tout le territoire national.

La culture est une réponse majeure à l’angoisse de déclassement social et d’inégalité territoriale. Nul ne comprendrait que seule la politique culturelle ne soit pas prise en compte dans le cadre de la crise sociale qui traverse le pays depuis de longs mois.

Paris le 3 juin 2019.

TRIBUNE FRANCE MUSIQUE : CRÉATION MUSICALE, DES MISSIONS SANS ÉMISSIONS ?

Actrices et acteurs de la culture, des musiques de création, directrices et directeurs d’établissements culturels, d’orchestres et d’opéras, de centres de création, de festivals et d’ensembles, compositrices et compositeurs, musiciennes et musiciens — nous tous, auditrices et auditeurs d’une radio que nous aimons et que nous défendons — souhaitons signifier notre inquiétude à la présidence de Radio France et à la direction de France Musique, alors qu’une mauvaise rumeur parvient à nos oreilles.

L’ensemble des émissions spécifiquement consacrées aux musiques et aux créateurs d’aujourd’hui disparaîtrait de la grille de France Musique à la rentrée prochaine, à savoir : L’Expérimentale (lundi, 23h00-0h00), Le Cri du patchwork (mardi, 23h00-0h00), Le Portrait contemporain (mercredi, 23h00-0h00), À l’improviste (jeudi, 23h00-0h00), Tapage nocturne (vendredi, 23h00-0h00), Ocora-Couleurs du monde (samedi, 22h00-23h00). Six émissions, soit six heures de diffusion hebdomadaire, couvrant toute la diversité des musiques de création, seraient remplacées par une seule et même émission d’une durée de deux heures. Concomitamment, le volume de captation de concerts donnés dans les salles et les festivals sur tout le territoire national serait fortement amputé, dégradant ainsi la capacité de la chaîne à se faire l’écho de la vie artistique en région.

Notre intention à travers cette tribune n’est nullement de défendre une vision « immobiliste ». Le champ des musiques d’aujourd’hui connaît lui-même une phase de reconfiguration extraordinaire, pour une grande part positive et souhaitable pour l’ensemble du secteur musical. Cette redéfinition observée à l’échelle nationale et internationale — des musiques écrites aux pratiques improvisées, en passant par les approches scéniques ou les jeunes cultures numériques/ électroniques — est le signe d’un mouvement générationnel, qui, plutôt que d’être ignoré, doit être accompagné par tous ceux pour qui la création musicale est une « mission ».

Radio France a su être le garant de la réception des artistes vivants depuis de longues décennies et le promoteur de tous les courants esthétiques. Votre grande Maison est de ce fait dotée d’une richesse artistique et historique sans pareille. France Musique, pour sa part, est à la fois un vecteur de plaisirs et de découvertes intarissables pour ses auditrices et ses auditeurs, un dispositif de médiation adossé aux savoir-faire uniques de ses collaborateurs, une ressource essentielle pour celles et ceux qui sont engagés dans l’éducation, et désormais un modèle en termes d’accessibilité des contenus au sein de l’écosystème digital de la Maison de la Radio. Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, Radio France et France Musique sont des partenaires indispensables pour les salles et les festivals, les ensembles et les artistes.

La création musicale est une branche que vos missions vous appellent à soutenir et que les nôtres nous appellent à faire fructifier. Cet engagement mutuel, dont la symbiose est certes toujours fragile, est primordial aujourd’hui. Si la chaîne doit connaître une mutation — ce sur quoi nous pouvons nous accorder —, celle-ci peut selon nous être opérée en restant à l’écoute de toutes les sensibilités, et dans le respect des engagements collectifs en matière de démocratisation culturelle et d’accessibilité des arts. C’est la raison pour laquelle nous tenions aujourd’hui à vous alerter : faire disparaître ces espaces d’exposition d’une création qui n’a peut-être jamais été aussi foisonnante contredit violemment la politique publique à laquelle nous tenons, celle qui, en soutenant et médiatisant la diversité artistique, nous protège des phénomènes de concentration économique. Une actualité qui tend à rendre le monde sonore de demain sans aspérité ni relief, où les médias seront engorgés par des musiques tristement standardisées.

Par cette tribune, nous demandons à être reçus par les directions de Radio France et de France Musique afin d’échanger de façon constructive sur la place qui sera accordée demain à la création musicale à Radio France.

Paris le 23 mai 2019.

CENTRE NATIONAL DE LA MUSIQUE 

Le projet de création du Centre National de la Musique (CNM) est aujourd’hui lancé et le Gouvernement a confirmé sa volonté de créer un nouvel établissement public au 1er janvier 2020. La proposition de loi issue du travail de la mission parlementaire confiée à Émilie Cariou et Pascal Bois a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale. Ce texte suscite de notre part nombre d’interrogations et appelle des éclaircissements. La « procédure accélérée » décidée sur ce texte va une nouvelle fois nuire à la concertation pourtant indispensable. La lecture au Sénat, dont la date n’est pas connue, s’avère décisive pour la clarté des débats.

La mise en place simultanément à la proposition de loi, d’un comité de pilotage dont l’animation a été confiée à Mme Ruggeri, inspectrice générale des affaires culturelles, confirme la volonté politique d’aboutir à court terme.

Nous avons été historiquement très réservés quant à la création du CNM, craignant en effet que les missions « musique » du ministère de la culture ne soient transférées à ce nouvel établissement et dont la gouvernance appelle toutes les précautions, au vu des dysfonctionnements observés au sein du futur ex CNV.

Dans ce contexte, restant constructifs, les signataires du présent communiqué rendent publique ce jour une contribution pour orienter le projet du CNM vers une mission exclusivement économique qui ne puisse entrer en concurrence avec les missions de service public du Ministère. Ainsi notamment, nous sommes favorables à une éducation artistique et culturelle de qualité, inscrite dans la durée avec les acteurs de l’éducation, nous nous opposons à ce que le CNM se voit confier des missions en ce domaine. Nous réaffirmons que les missions d’observation du secteur doivent être pensées en complémentarité avec les outils publics de l’État et des réseaux professionnels.

Nous affirmons haut et fort que le financement du CNM ne doit pas amputer encore davantage le budget du ministère de la culture, et que, simultanément, les moyens en provenance des organismes de gestion collective ne doivent pas affaiblir l’accompagnement de ces organismes à destination du secteur. Enfin, la question de la gouvernance et de la composition du futur CA doit éviter tout conflit d’intérêt et exclure les professionnels. Nous nous inquiétons par ailleurs des conditions méthodologiques arrêtées à ce jour par le comité de pilotage. La confusion entre urgence et précipitation menace et le risque que les concertations nécessaires soient mises de côté est manifeste : ainsi, quant à la mise en place d’un comité des financeurs du futur CNM (État et OGC) qui ne saurait être élargi à la seule présence d’une seule organisation professionnelle, fût-elle essentielle pour le secteur. Soit toutes les organisations professionnelles sont invitées à la table, soit aucune. Un équilibre doit être respecté, à défaut de quoi c’est l’éthique même du futur CNM qui serait menacé.

L’unanimité politique qui s’est exprimée en première lecture à l’Assemblée nationale ne révèle pas l’unanimité des acteurs des musiques, loin s’en faut. Pour que le futur centre soit accepté par l’ensemble de la profession, les termes d’un compromis doivent être recherchés. Seule une concertation approfondie et transparente, sans sous-entendu, en est la seule garantie. Nous l’appelons de nos vœux.

Paris le 21 mai 2019.

LES SIGNATAIRES : AFO, AJC, FEVIS, LES FORCES MUSICALES, FUTURS COMPOSÉS, GRANDS FORMATS, PROFEDIM, SNSP, SYNDEAC.

MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE CENTRE NATIONAL DE LA MUSIQUE : UNE MÉTHODE QUI INTERROGE 

La mission parlementaire confiée aux députés Émilie Cariou et Pascal Bois a réuni vendredi 12 octobre dernier à l’Assemblée Nationale l’ensemble du secteur musical.
L’ordre du jour de cette rencontre avec les organisations professionnelles, les réseaux et fédérations avait pour objet de mettre en discussion la gouvernance du projet du futur Centre National de la Musique.

Nous nous sommes étonnés – alors que l’ensemble des acteurs liés à ce dossier étaient réunis pour la première fois depuis le lancement de la mission – qu’aucune mise en débat du rapport intermédiaire n’ait été prévue. Cela est d’autant plus dommageable que le secteur que représentent les signataires avait déjà pointé fin juillet de nombreux points restant à travailler pour remporter leur complète adhésion sur le projet.

L’exercice de vendredi 12 octobre s’est plus apparenté à une consultation qu’à une concertation, nous le regrettons. Le principe d’un vote indicatif sur les orientations proposées, en séance, sans possibilité de pouvoir instruire dans nos organisations au plus près de nos adhérents les pistes préconisées par la mission, nous est apparu choquant.

À ce stade, nous maintenons que de nombreux points doivent toujours faire l’objet d’une meilleure définition, car seul le détail du périmètre des missions, de la mise en œuvre et de l’organisation fine permettrait de nous projeter ou non dans cet outil. Néanmoins, nous remercions la mission d’avoir pris en compte dans ses préconisations notre impératif d’une gouvernance comptant une majorité de représentants de l’État pour le Centre National de la Musique. Cette demande que nous portions va dans le sens de plus d’intérêt général et plus de transparence si le CNM venait à voir le jour.

Nos organisations continueront bien entendu de porter les observations qui ont été les leurs jusqu’à présent et à être contributives sur cette deuxième phase de mission, continuant à espérer un infléchissement de la méthode employée.

Paris le 23 octobre 2018.

LES SIGNATAIRES : AFO, AJC, FEVIS, LES FORCES MUSICALES, FUTURS COMPOSÉS, GRANDS FORMATS, PROFEDIM, ROF, SNSP, SYNDEAC.

MISSION DE PRÉFIGURATION DU CENTRE NATIONAL DE LA MUSIQUE : DE NOMBREUX POINTS ENCORE À ÉCLAIRCIR 

Édouard Philippe a confié en juin dernier à Pascal Bois et Émilie Cariou la préfiguration du Centre National de la Musique, outil de complément à la politique musicale existante du ministère de la Culture, qui devrait être dédié à l’accompagnement économique de la filière.

Une réunion sur le sujet – rassemblant une partie des acteurs concernés par ce projet – s’est déroulée aux Francofolies de La Rochelle début juillet, permettant à l’équipe chargée de la préfiguration du CNM de présenter l’architecture générale du projet qui serait présentée au Gouvernement.

Les organisations représentant les acteurs musicaux et du champ subventionné signataires du présent communiqué souhaitent rappeler le positionnement de leur fondamentaux sur ce dossier, à l’heure où d’importants arbitrages sont en cours sur les moyens qui pourraient être alloués au CNM :

– Le projet de Centre National de la Musique peut trouver du sens dans un rôle d’accompagnement économique de la filière et de structuration du secteur dans une logique d’intérêt général, en complément d’une politique publique forte pour la musique portée par le ministère de la Culture (opérateur historique de l’expertise artistique et des territoires). C’est le périmètre souhaitable pour cet outil en gestation, dont les missions de service public restent à définir précisément.
– Sa gouvernance et son organisation fine doivent donner toutes les garanties dans l’exercice de missions de service public, et d’un équilibre de représentation de l’ensemble du champ musical, sans omettre de resituer la musique dans l’environnement pluridisciplinaire du spectacle vivant, et d’en prendre en compte tous les acteurs concernés.
– Tout argent public supplémentaire alloué à ce projet doit pouvoir soutenir des actions portées par l’ensemble des acteurs de la musique dans le sens de l’intérêt général.
– Enfin, la consolidation des moyens du Ministère et notamment de la Direction Générale de la Création Artistique est essentielle à nos yeux, si un effort public significatif doit être consenti par l’État en faveur de la musique. Nous sommes d’autant plus attachés à cela que le projet de Loi de Finance 2019 qui doit garantir le principe du financement du CNM porte concomitamment la prévision d’une baisse de 7 millions d’euros pour le budget de la DGCA.

Par ailleurs, l’intégration de missions d’Éducation Artistique et Culturelle, cœur de mission du ministère de la Culture est à même de créer une ambiguïté sur l’articulation de l’action de la rue de Valois et du projet de CNM, tout comme la question de l’observation dont l’État doit rester maître d’œuvre, tout en confiant possiblement des études au CNM. Enfin, le secteur que nous représentons redit tout son attachement à l’AFDAS comme opérateur de la formation professionnelle, que le CNM ne devra point fragiliser en intégrant des missions reliées à cet item.

Il nous semble à ce jour que les conditions ne sont pas encore réunies pour emporter notre adhésion et qu’une concertation complémentaire est nécessaire afin d’apporter des garanties sur les positions fondamentales rappelées ci-dessus, mais aussi sur les interrogations profondes qui subsistent concernant la gouvernance, les financements et la mise en œuvre des missions du CNM.

Paris le 26 juillet 2018.

LES SIGNATAIRES : A/CNCM, AJC, FEVIS, FRANCE FESTIVAL, FUTURS COMPOSÉS, GRANDS FORMATS, PROFEDIM, REMA, ROF, ASN.

POUR UNE CONCERTATION SUR LES POLITIQUES PUBLIQUES EN FAVEUR DE LA MUSIQUE

Objet : Poursuite de la démarche inter-réseaux et fédérations après la plénière du 16 avril 2018 à l’Assemblée Nationale.

Vingt-deux fédérations nationales et réseaux régionaux des musiques ont, le lundi 16 avril dernier à l’Assemblée Nationale, ouvert une concertation large sur les politiques publiques en faveur de la musique. Les 120 participants, représentant une pluralité des musiques d’aujourd’hui, ont partagé leurs analyses respectives des enjeux auxquels sont confrontés les acteurs des musiques, convergeant en premier lieu sur la nécessaire affirmation de la diversité des initiatives (artistiques, des acteurs, des projets, des modèles économiques…).

Diversité qui a fait l’objet des interventions des réseaux et fédérations, dans un élan inédit réunissant les acteurs de la création, la production, la diffusion et des pratiques des musiques, représentant majoritairement des initiatives privées qui enrichissent et dynamisent les territoires, portent une forme d’utilité sociale et concourent à l’intérêt général, souvent en partenariat avec des collectivités territoriales et parfois le ministère de la Culture.

Diversité qui, selon Emmanuel Négrier, chercheur en science politique invité à introduire les débats, a représenté pendant dix années un socle des politiques publiques de la culture, prenant en compte l’expérience musicale des personnes, les modèles économiques, les activités, et les philosophies d’intervention. Or, l’ensemble des participants partage l’analyse que les politiques publiques, telles qu’elles sont dessinées aujourd’hui, risquent de restreindre la diversité pourtant défendue dans les discours tenus.

Ces coopérations et partenariats essentiels qui participent d’un écosystème sont en grand danger si les orientations concernant, tant le projet de Centre National de la Musique que l’ensemble de la politique du ministère, ne prennent pas mieux en compte la diversité des initiatives privées d’intérêt général.

Tous, d’une même voix, ont appelé de leurs vœux à des politiques publiques en faveur des musiques, intégrant la complexité de ce champ culturel, dans sa construction historique et sa structuration actuelle, du national au local.

Ne laissons pas s’appauvrir la diversité des esthétiques, des modèles et des pratiques des personnes, en ne considérant que deux modèles dominants, celui du service public d’une part et celui de l’industrie lucrative de l’autre.

Nous prenons acte de la parole de la ministre de la Culture Françoise Nyssen, le 25 avril dernier, et lui assurons notre concours dans sa volonté de développer des alternatives à la concentration. Nous partageons son attachement à la concertation et rappelons notre souhait que celle-ci englobe l’ensemble des politiques publiques en faveur des musiques et ce, en particulier, dans le contexte actuel où l’État mène une réflexion sur l’ensemble des modalités de l’action publique dans le cadre du Comité Action Publique 2022.

Nous appelons Madame la Ministre de la Culture et Mesdames Messieurs représentants des collectivités territoriales à se saisir des questions posées et à y montrer un intérêt en participant à la prochaine étape d’une concertation d’ores et déjà lancée en ce lieu symbolique de l’assemblée nationale. Un rendez-vous sera confirmé en septembre 2018.

Le 22 mai 2018, les réseaux et fédérations.

LES SIGNATAIRES : AJC, APRÈSMAI, COLLECTIF CULTURE BAR-BARS, FAMDT, FEDELIMA, FERAROCK, FEVIS, FRACAMA, FRANCE FESTIVAL, FUTURS COMPOSÉS, GRANDS FORMATS, HAUTE-FIDELITÉ, OCTOPUS, LE PAM, POLCA, LE PÔLE, RADIO CAMPUS FRANCE, RIF, RIM, RMAN, UFISC, ZONE FRANCHE.

Paris, le 26 janvier 2018

Monsieur le Président Nous avons été consternés d’apprendre récemment que la subvention apportée par la Région PACA au Babel Med Music a été réduite de 79% pour l’exercice 2018, à trois mois du début de la manifestation.

L’ensemble du milieu professionnel musical reconnaît dans le Babel Med Music un acteur engagé et structurant, depuis 14 ans, pour promouvoir les musiques méditerranéennes et du monde à l’échelle internationale. Ce salon musical annuel, unique sur le territoire français est devenu, au fil des ans, un rendez-vous incontournable pour l’ensemble de la filière professionnelle des musiques traditionnelles et du monde : artistes, développeurs d’artistes, tourneurs, diffuseurs, médias, etc.

La capacité du Babel Med Music de mobiliser autant de professionnels de la musique a contribué à faire de Marseille et de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, terre de festivals, la capitale des musiques du monde, mais surtout à valoriser la diversité des esthétiques et des musiques de nombreux pays, de leurs diasporas sur le sol français, ainsi que des musiques issues de l’immigration, facteur d’intégration des différentes communautés vivant dans l’Hexagone.

Le travail de repérage de l’émergence musicale a contribué de façon exemplaire à rendre visible de nombreux artistes et à leur permettre de démarrer ou de développer une carrière professionnelle nationale et internationale dans les meilleures conditions. Ce travail de tant d’années, à nos yeux exemplaire, est réduit à néant du seul fait de la décision arbitraire de la Région PACA, inacceptable dans sa brutalité. Cette décision porte un grand préjudice aux artistes, aux diffuseurs et plus largement à l’emploi culturel, et déstabilise non seulement le paysage musical régional, mais aussi l’ensemble de l’écosystème français des musiques du monde.

Aussi, pour toutes ces raisons, nous souhaitons vous manifester notre incompréhension et notre vive inquiétude face à la disparition du Babel Med Music. Nous souhaitons qu’une solution puisse être trouvée afin que cet événement perdure, dans le dialogue avec les politiques culturelles que la Région souhaite mener, pour le soutien aux artistes et acteurs de la musique, dans une logique de promotion et de développement de la diversité artistique et culturelle, de progression de la liberté des expressions.

Dans cet espoir et dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre considération distinguée.

Réseaux et organisations professionnelles signataires : AJC, Famdt, Fedelima, Ferarock, Fevis, France Festivals, Futurs Composés, Grands Formats, Zone Franche.

Montreuil, le 19 janvier 2018

POSITIONNEMENT

D’un point de vue structurel, l’idée d’une Maison Commune qui abriterait toute la filière est positive. Futurs Composés, le réseau de la création musicale, fort de ses 265 membres, a la particularité de porter en son sein toute la diversité de la création : compositeurs, interprètes-improvisateurs, ensembles, compagnies musicales, centres nationaux de création, labels, établissements publics variés (scènes nationales, CDN, Opéra…). Il est donc légitime, voire constitutif d’envisager le rapprochement comme un élément naturel, inhérent à la création.

D’un point de vue esthétique, Futurs Composés considère la création comme potentiellement vivante dans toutes les musiques. Il ne peut donc être question de réduire à quelques-uns la vitalité d’un secteur qui, à travers l’idée d’une maison commune, peut retrouver une place centrale et en terminer avec l’idée que la musique est le « parent pauvre de la politique culturelle ».

Le réseau est en accord avec le préalable du rapport constatant que la segmentation entre musiques savantes et actuelles est devenue obsolète dans les nouvelles pratiques musicales, et que les décloisonnements s’accentuent, notamment par le développement du numérique. Nombre de membres de Futurs Composés, dont la création représente le cœur de leur projet, sont à la charnière de ces deux secteurs historiques.

QUESTIONS

Mais si la mise en place d’un nouvel opérateur – le futur Centre National de la Musique (CNM) – peut sembler, sur le fond, intéressant, plusieurs points d’interrogation majeurs surgissent :

  • Le CNM serait-il l’expression d’un glissement progressif d’une politique de financement de la musique vivante par la taxe parafiscale (c’est-à-dire par les spectateurs-consommateurs), plutôt que par la subvention (c’est-à-dire les contribuables) réduisant peu à peu le champ d’intervention de l’État à la régulation du milieu culturel, au seul maintien de ses labels nationaux, à l’EAC…?
  • La création de ce CNM est associée à une profonde réorganisation du ministère de la culture, notamment l’apparition d’un « visage unique de la musique » : les acteurs des musiques, dans leur diversité et leurs pratiques multiples, ne risquent-ils pas d’être les victimes de ces resserrements centralisés ?
  • La difficulté actuelle du ministère de la culture à saisir toutes les problématiques – représentation des territoires, « tiers-secteur » musical, question de la formation – n’est-elle pas un frein à l’arrivée d’un nouvel opérateur dont la gestation n’a pas été portée par le milieu musical dans son ensemble ?

Il est donc aujourd’hui crucial de distinguer les éléments de cohérence partagée des éléments qui restent à éclaircir dans les recommandations issues du rapport de Roch-Olivier Maistre.

 

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Pour une concertation sur les politiques publiques en faveur des musiques

Nantes, mercredi 17 janvier 2018

Le rapport « Rassembler la musique, pour un centre national » commandé par l’État et publié en novembre 2017, dresse le portrait d’une filière musicale opposant un secteur « marchand », qui serait financé majoritairement et directement par les publics, à un secteur « public », dont le financement ne reposerait que « nécessairement et durablement sur la subvention ».

Cette présentation fait abstraction d’un grand nombre d’acteurs de droit privé représentant des structures relevant de l’intérêt général, qu’elles soient associatives ou TPE, qui agissent dans des logiques de proximité relevant de l’utilité sociale. Ces acteurs développent des projets sur un modèle économique mixte et partagent des valeurs de défense de la diversité artistique et culturelle, de l’initiative citoyenne, et de primauté de la coopération en opposition au modèle concurrentiel dominant.

Nous, organisations, fédérations et réseaux, nous inquiétons de l’invisibilité à laquelle nous-mêmes et les structures que nous représentons serions condamnés, sans prise en compte de nos modèles économiques et politiques, dans la définition des attributions, du périmètre et de la gouvernance d’un centre national de la musique, comme dans la politique globale du ministère de la Culture.

Nous demandons donc à l’État de réaffirmer son rôle stratégique en garantissant une intervention publique juste et équitable, qui tienne compte des enjeux fondamentaux de respect des droits des personnes, d’équité sur les territoires, et de nécessaire promotion de la diversité des pratiques et des esthétiques.Cette garantie nous semble d’autant plus nécessaire que le rapport précité suggère, en complément de la création d’un « centre national de la musique », une réorganisation profonde du ministère de la Culture.

En conséquence, nous affirmons notre volonté de participer pleinement à la préfiguration de ce centre national de la musique et demandons à élargir les débats à une concertation sur les politiques publiques en faveur des musiques.